La salle Edouard-Quemper inaugurée aux Mines

Louise Quemper, Jany Simonetti et Didier Flageul ont dévoilé la plaque du souvenir qui sera apposée sur la salle communale des Mines.

En donnant à la salle des Mines, le nom d’Edouard Quemper, les municipalités de Plérin et Trémuson, souhaitent honorer la mémoire d’un homme politique de convictions dont le combat pour la justice et la dignité ont marqué l’histoire de cet ancien quartier ouvrier et de ses habitants.

Samedi 18 septembre, la salle communale des Mines a été officiellement rebaptisée du nom d’Edouard Quemper. L’occasion d’honorer la mémoire d’une figure du Parti communiste français et de la vie politique départementale.

La cérémonie d’hommage, qui a réuni la famille Quemper et de nombreux habitants des Mines, était présidée par Didier Flageul, adjoint au maire de Plérin, entouré de Gérard Lahellec, sénateur des Côtes d’Armor, Jean-Marie Bénier, premier adjoint au maire de Plérin et vice-président du Conseil départemental, Yvon Orgebin, maire de Trémuson et Jean-Claude Caro, ancien secrétaire général du Parti communiste des Côtes-d’Armor.

Aux Mines, le nom d’Edouard Quemper ravive le souvenir d’une mobilisation à l’issue heureuse.

Une histoire exemplaire.

Celle d’une personnalité politique, révoltée par l’injustice, dont l’action a permis aux familles du quartier de rester vivre dans leurs maisons ouvrières.

La vie d’Edouard Quemper a été toute entière consacrée à l’engagement portée par les valeurs de l’humanisme.

Edouard Quemper est né le 17 janvier 1925 à l’Ile Grande. Très jeune, il rejoint les rangs de la Résistance et adhère au Parti communiste français.

Homme de convictions, il est élu durant 42 ans comme conseiller municipal puis maire-adjoint de Saint-Brieuc (1962-1995), il a été conseiller général (1967-1985) et vice-président du conseil général des Côtes-d’Armor, également conseiller régional (1992-1994) et de nombreuses fois candidat aux législatives et aux sénatoriales.

Ancien membre du conseil national de l’association républicaine des anciens combattants, il reçoit en novembre 2001, la légion d’honneur des mains de Jean-Claude Gayssot, Ministre des transports, qui salue la fidélité à son idéal, son humanisme et la force de son combat pour la paix.

Les habitants actionnaires d’une SCI

En 1965, la société de Dyr qui exploitait les mines de plomb argentifère de Trémuson, est en faillite.

La société est aussi propriétaire de 104 pavillons et de parcelles de terrains. Le tout doit être vendu aux enchères.

En cas de rachat par un marchand de biens, les familles des Mines, dont les ressources sont modestes, risquent de devoir quitter les maisons qu’elles occupent depuis de longues années.

Dans le quartier, l’inquiétude gagne les habitants qui demandent à Edouard Quemper de les aider.

Conseillé par son ami Maître Karl Madiot, notaire à Saint-Brieuc, il leur propose de créer une société civile immobilière réunissant l’ensemble des habitants afin qu’ils deviennent propriétaires de leurs habitations.

Mais pour constituer la société, il faut un minimum de fonds. La participation de chaque famille est fixée à 50 000 anciens francs.

Une somme qui semble dérisoire, mais qui représentait beaucoup pour des familles modestes.

Après plusieurs réunions publiques, la société civile immobilière des Mines voit tout de même le jour. La quasi-totalité des habitants du quartier en font partie.

Mobilisation devant le palais de justice

En juin 1965, l’ensemble des biens, maisons et terrains, est mis en vente aux enchères. Au départ, la société immobilière est seule à faire une offre. Mais un marchand de biens, venu de Rennes, fait monter les enchères.

Finalement, il renoncera devant la mobilisation des habitants des Mines réunis devant le palais de justice de Saint-Brieuc, le jour où les biens doivent être adjugés par le tribunal.

Aux Mines, c’est le soulagement. Le dénouement d’une aventure humaine unique.

« Cela m’a pris beaucoup de temps, mais cela en valut la peine » écrira quelques années plus tard Edouard Quemper dans son livre de mémoires paru en 1996.

Selon lui « la meilleure des récompenses pour un militant, c’est de voir aujourd’hui cette cité, laissée hier à l’abandon, être devenue un village agréable à vivre. »

 

La cérémonie a réuni la famille Quemper entourée de nombreux habitants des Mines.