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L’hommage à trois résistants et déportés plérinais, le 27 mai

Le lundi 27 mai prochain, à 11h, lors de la cérémonie officielle organisée pour la Journée nationale de la Résistance, trois rues et place du centre-ville prendront officiellement les noms d’Yves Léon, de François Jégou, et de Louis Le Faucheur. Trois résistants et déportés plérinais auxquels la municipalité souhaite rendre un hommage solennel.

Yves Léon, François Jégou et Louis Le Faucheur. Trois hommes dont le destin rappelle les heures les plus sombres de notre histoire.

Trois Plérinais qui ont choisi de dire non. Non au totalitarisme nazi. Son injustice. Sa barbarie. Leur révolte, leurs convictions et leur courage les ont poussés à agir. À s’engager dans la Résistance.

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Image de l’affiche

Au péril de leur vie. Jusqu’à côtoyer l’horreur. Celle des camps de la mort. Où nombre de leurs camarades n’ont pas survécu. Eux en ont réchappé. Ils ont ensuite consacré leur vie à témoigner. À transmettre aux jeunes générations, ce qu’ils avaient vécu. Pour que jamais cela ne se reproduise.

« À notre tour aujourd’hui d’honorer leur mémoire » affirme le maire Ronan Kerdraon qui a souhaité que trois lieux dans la commune portent les noms de ces trois résistants et déportés plérinais disparus récemment.

Le parking de la Roselière va être rebaptisé place Yves-Léon ; la rue de l’Avenir, rue Louis-Le Faucheur et la rue des Sports, rue François-Jégou. Des lieux qui ont été choisis avec les familles des trois résistants déportés, pour leur proximité du monument aux morts de la Ville.

Le lundi 27 mai prochain, à 11 h, les plaques des deux rues et de la place seront officiellement dévoilées à l’issue de la traditionnelle cérémonie organisée pour la Journée nationale de la Résistance. Le maire invite tous les Plérinais, en particulier les jeunes, à se joindre à cette cérémonie.
Une manière de rendre hommage à ceux qui ont « sacrifié leur liberté pour la nôtre. »


François Jégou (1920-2011)

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Image de François Jégou

Originaire de Maël-Carhaix, François Jégou a tout juste 20 ans quand il s’engage dans la Résistance dès l’automne 1940.

Ayant rejoint le premier noyau du parti communiste clandestin dans son canton, il participe à des actions contre l’occupant nazi et à l’organisation de la Résistance dans cette partie du centre Bretagne.

Arrêté en août 1943, il est incarcéré et torturé au commissariat de Saint-Brieuc, puis transféré à Rennes.

Emprisonné au camp de Royallieu à Compiègne en avril 1944, il fait partie du convoi des « tatoués » déportés vers Auschwitz. Il est ensuite déporté à Buchenwald où il figure dans le commando de prisonniers français qui participe à la libération du camp le 11 avril 1945.

Rentré en France, il poursuit son engagement en fondant le syndicat CGT des ouvriers agricoles des Côtes du Nord en 1945. Membre du bureau de la fédération des Côtes du Nord du PCF (1946-1952), il est successivement élu conseiller municipal de Saint-Brieuc (1947-1953), puis conseiller municipal de Plérin (1971-1977) avant de devenir maire-adjoint de Plérin (1977-1989).

Chevalier de la Légion d’Honneur, François Jégou est décédé le 25 avril 2011, à Saint-Brieuc, dans sa 91ème année.

« Homme du peuple, de par ses origines sociales, le parcours de François Jégou se confond avec l’histoire tumultueuse de la France du XXème siècle, de ses luttes et de ses peurs (…) C’est sans doute dans ces années sombres de l’Occupation qu’il prit pleinement conscience du sens et de la nécessité d’enraciner les valeurs de notre idéal républicain » rappelle le maire Ronan Kerdraon. « Il est des hommes qui tracent des sillons et bâtissent des ponts pour relier les cœurs et unir les hommes. François Jégou était de ceux-là. »


Louis Le Faucheur (1925-2013)

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Image de Louis Le Faucheur

Originaire de Saint-Laurent de la Mer, Louis le Faucheur a d’abord été élève au collège des Cordeliers à Dinan avant de poursuivre ses études au lycée Anatole Le Braz de Saint-Brieuc.

C’est là que le lycéen s’engage dans la Résistance. Il a 18 ans. Le 10 décembre 1943, il est arrêté par la Gestapo avec 17 de ses camarades lycéens. Trois d’entre eux seront fusillés au Mont Valérien le 21 février 1944.

Louis Le Faucheur est déporté le 21 mai 1944 au camp de concentration de Neuengamme, où il deviendra le matricule 3036. Il y séjourne 11 mois avant d’être transféré à Wöbbelin, un camp libéré par la 82ème division aéroportée américaine le 2 mai 1945.

À son retour en France, il devient professeur d’anglais au lycée Anatole Le Braz.

Titulaire de nombreuses décorations, Louis Le Faucheur était Chevalier de la Légion d’Honneur et Officier des Palmes académiques.

Résidant à Saint-Laurent de la mer, il était le frère aîné d’Yves Le Faucheur, ancien maire de Plérin.

Il est décédé le 19 mars 2013 à l’âge de 87 ans. Ses obsèques furent célébrées le 22 mars en l’église de Saint-Laurent à Plérin.

« Homme de convictions, Louis Le Faucheur faisaient partie de ces femmes et de ces hommes qui ont offert leur jeunesse et parfois leur vie pour défendre leur idéaux et préserver notre liberté » relève le maire Ronan Kerdraon en rappelant « qu’au travers de son métier d’enseignant, il a su transmettre aux jeunes générations les valeurs du pays des droits de l’Homme. »


Yves Léon (1921-2018)

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Image d’Yves Léon

« Il faut lutter contre l’ignorance du passé » avait l’habitude de dire Yves Léon qui a consacré un grande partie de sa vie à transmettre aux jeunes générations le souvenir des atrocités commises durant la Seconde guerre mondiale.

Une tragédie dont il était l’un des derniers grands témoins.

Fils de paysan de Plouaret, Yves Léon décide dès 1940 de rallier les rangs de la Résistance, avec son frère Joseph. Il participe à des actes de sabotage de matériels militaires allemands ainsi qu’à des distributions de tracts hostiles à l’occupant nazi.

Le 9 mars 1943, à Plouaret, il organise avec ses camarades, une manifestation opposée au recensement de 300 jeunes réquisitionnés pour le Service du travail obligatoire (STO). Dénoncé à la Gestapo, il est arrêté à Loguivy-Plougras, emprisonné à la maison d’arrêt de Saint-Brieuc puis détenu au camp de Compiègne.

Déporté le 8 mai 1943 au camp de concentration de Sachsenhausen (matricule 66192), il participe à un comité clandestin qui organise des sabotages sur une chaîne de fabrication d’avions allemands. En février 1945, il est transféré vers le camp de Bergen-Belsen qui sera libéré par les Britanniques le 15 avril.

« Mes yeux ont vu ce qu’aucun être humain ne devrait voir » racontera-t-il plus tard dans son livre, « Bergen-Belsen, survivre aux camps nazis » (Skol Vreizh). Le récit poignant d’un voyage au bout de l’enfer.

En 2013, la municipalité de Plouaret a décidé de lui rendre un hommage, de son vivant, en donnant le nom d’Yves Léon à une place située près de la gare. 

Yves Léon est décédé en juin 2018 à l’âge de 97 ans.

« Tout au long de son existence, Yves Léon a tenu à témoigner de la vérité de l’horreur » indique le maire Ronan Kerdraon. « Car ce qu’il s’est passé peut revenir », estimait-il, considérant comme son devoir de dire « comment des dizaines de milliers de camarades sont morts, partis en fumée (….) ou enterrés sans cercueil dans les fosses communes du camp ».


Une semaine au cœur de l’histoire de la Résistance et de la Déportation

La cérémonie du 27 mai sera précédée d’une semaine d’animations destinées à évoquer la mémoire de la Résistance et de la Déportation à travers une exposition ainsi qu’une projection vidéo de témoignages de résistants et rescapés des camps de concentration nazis.

  • Exposition à la médiathèque du Cap
    • Du 21 au 25 mai une exposition sur les résistants déportés plérinais sera proposée au 1er étage de la médiathèque.
    • Elle sera composée d’éléments biographiques et de documents historiques.
    • La veste de déporté portée par Yves Léon y sera notamment exposée.
    • Remerciements à la Fondation pour la mémoire de la Déportation pour la collecte de ces informations, aux familles et aux Archives départementales pour le prêt de documents.
  • Projections
    • Vendredi 24 mai à 17h et à 20h, auditorium René Vautier du Cap
    • Il s’agira d’une vidéo sur la libération des camps en 1945, avec témoignages de rescapés et de résistants, notamment de Simone VEIL, Marie-Jo CHOMBART de LAUWE, Pierre SUREAU et Pierre LEFRANC, avec les explications de spécialistes.
    • Organisation : Fondation pour la mémoire de la Déportation.
  • Cérémonie du 27 mai : Journée Nationale de la Résistance
    • La cérémonie de la Journée nationale de la Résistance, le lundi 27 mai à 11h, sera l’occasion de rendre hommage à Yves Léon, François Jégou et Louis Le Faucheur.
    • Les plaques de rues seront ainsi dévoilées en présence des familles et des élèves du collège Jules Léquier, ayant participé au concours national de la Résistance (2ème et 3ème prix individuel et le 2ème prix collectif au niveau du département).
      À télécharger
      l’affiche de la cérémonie officielle
      Document PDF - 137 Ko
    • Règles de stationnement modifiées lundi 27 mai de 8h à 12h
      • Stationnement interdit :
        • parking de la Roselière/place Yves Léon,
        • rue des Sports/rue François Jégou, sur les emplacements situés en face du n°4.