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Annulation du marché du dimanche : incompréhensible et incohérent selon le maire

Suite au refus du Préfet des Côtes d’Armor d’accorder une dérogation permettant la tenue du marché du dimanche au centre de Plérin, Ronan Kerdraon, maire, a souhaité réagir.


« Mon premier sentiment est un sentiment d’incompréhension.

En effet le Premier ministre avait renvoyé aux maires la possibilité de demander de manière dérogatoire la tenue des marchés de leurs communes.

C’est ainsi que je l’ai fait pour les marchés de Saint-Laurent (mardi), du Légué (jeudi) et du bourg (dimanche).

J’ai obtenu satisfaction en ce qui concerne les 2 premiers et je m’en félicite mais ce sont 2 petits marchés en termes de nombre de commerçants alimentaires (4 et 3).

Celui du bourg est le principal de la commune. Mais il ne concerne que 19 commerçants alimentaires sur une cinquantaine d’abonnés.

C’est pourquoi il nous a été aisé de mettre en place un dispositif garantissant le respect des barrières sanitaires : distance de 3 mètres entre les étals, distribution de masques et de gants aux commerçants, mise en place d’un sens de circulation permettant la séparation d’un mètre entre les consommateurs.

Le tout sous la surveillance de notre placier habituel.

Par conséquent je ne comprends pas le refus qui nous a été délivré.

Incompréhension d’autant plus grande que ce jour-là aucun commerce sédentaire ne propose des fruits et légumes issus de filières locales et de l’agriculture raisonnée, de produits de la pêche artisanale, de viandes ou volailles rôties.

Mon deuxième sentiment est un sentiment d’incohérence.

J’observe une différence de traitement entre collectivités en Bretagne : Saint-Malo bénéficie de l’ouverture de l’ensemble de ses marchés par exemple.
Cette décision va à l’encontre des exhortations de plusieurs ministres dont celui de l’agriculture qui demandent aux collectivités et aux particuliers de soutenir l’agriculture et l’élevage locaux.

Ces hommes et ces femmes qui ont beaucoup de mal à vivre de leur travail en temps normal, face à la grande distribution en particulier, se voient par cette décision acculés financièrement et risquent ainsi de disparaître.

A-t-on mesuré les conséquences humaines et sociales de cette décision ?

Élu de terrain, je connais chacun d’entre eux et je sais leur engagement citoyen dans cette crise sanitaire, je connais leur professionnalisme, je sais leur volonté de vendre des produits frais et de qualité.

C’est pour toutes ces raisons que je souhaitais que l’on ne rajoute pas à la crise sanitaire une crise économique et sociale pour ces producteurs locaux.

Élu de terrain, c’est en conscience, après avoir concerté, et en responsabilité que j’avais sollicité ces dérogations.

J’ai été désavoué et je le regrette profondément.

Pour autant, je continuerai à soutenir et défendre les commerçants, les artisans et les commerçants de proximité qui s’investissent pour faire vivre nos communes. »


Ronan KERDRAON
Maire de Plérin


Photo (S. Corrot) : Dimanche 22 mars, sur le marché de Plérin-centre, en l’absence des ambulants non-alimentaires, les étals avaient toute la place pour garder leurs distances.